Non. L'amour ne se trouve pas à chaque carrefour. Ou alors ce ne sont que des esquisses, des silhouettes du vrai amour. On croit tomber folle amoureuse. On y croit. De toutes nos forces. On s'accroche, pensant que c'est sûrement la personne que l'on attendait. Que la vie sera désormais plus belle. Que même les plus grands orages ne nous ne feront plus peur. On pense aimer plus fort que tous les ouragans du monde. On fait des projets, dont certains resteront en nous, pour ne pas effrayer, pour ne pas confirmer que l'on est accro et que l'on y croit de toute notre âme. Alors on s'investit. On se donne à fond. A défaut de paraître possessive et jalouse à en mourir. On se donne beaucoup, beaucoup trop. Et puis cet investissement ronge. Oui. Il ronge tout ce qu'on a construit, à deux. Et ça ronge lentement. Mais sûrement. Puis un jour, tout éclate. Tout vole en morceaux. Sans savoir pourquoi, sans savoir d'où ça vient. Et on comprend. On comprend que ça vient de cet espoir, de cette envie qui a prit le dessus sur tout le reste. L'investissement trop souligné peut tout faire éclater, en quelques jours. Après, il ne reste plus rien. On oublie tout. On s'oublie. Du moins, on essaye. On fait comme si de rien n'était. On efface tous les projets, même si on croit encore que tout peut recommencer à chaque instant. On continue d'espérer au fond. Mais les dés sont joués. On récupère nos cartes. Comme avant. Retour à la case départ. On doit re-apprendre à vivre, avant de l'avoir trouvé. Et puis on a l'impression de n'avoir jamais rien représenté à ses yeux. Il ignore. Tout simplement. On devient deux étrangers, qui n'osent même plus s'adresser un mot. qui ne prennent plus de nouvelles. Alors qu'avant, une journée sans nouvelles et c'était le drame. Pour les deux. Avant, cette absence était comme une poussée dans le vide. On en voyait pas la fin. Maintenant, c'est juste devenu ce qu'il reste de nous. Deux parfaits étrangers.